Le Parc du Cabalet
L’origine du terme « Cabalet » reste aujourd’hui une énigme. Bien qu’aucune étymologie précise n’ait été identifiée, plusieurs hypothèses proposent des pistes quant à la signification de ce terme : lieu légèrement surélevé, endroit comportant des cabanes, enclos pour faire paître des chevaux, cette dernière hypothèse semblant la plus probable.
Cette appellation, attestée sur les plans de la ville dès 1722 et mentionnée antérieurement, est typiquement bulloise. Elle semble même unique en Suisse, conférant au lieu une identité historique singulière.
Situé hors les murs du centre historique, le site du Cabalet devient le cimetière principal de la ville en 1853. Cette décision est prise par les autorités et répond à une croissance démographique importante : la population passe de 1 000 habitants en 1722 à près de 4 000 en 1912. Le cimetière autour de l’église de Bulle était devenu totalement insuffisant et c’est le Cabalet qui devient le « nouveau » cimetière de la ville.
Dès 1908, les autorités décident de déplacer le cimetière une nouvelle fois ; il est établi en périphérie de la ville, là où se trouve le cimetière actuel. Le cimetière du Cabalet est alors progressivement délaissé, avant d’être officiellement désaffecté en 1927. Ne demeurent que le Calvaire et ses sculptures, au centre du parc actuel. Durant plusieurs décennies, la parcelle entame une transition progressive singulière : elle accueille des événements religieux, des concours sportifs et sert même d'aire de jeux pour les élèves de l’école primaire voisine dès 1953. En 1978, l'implantation du Musée gruérien et de la bibliothèque en bordure du site lui confère une nouvelle vocation sociale et culturelle.
Le parc urbain actuel, inauguré en 1990 selon les plans du bureau d’architecture Jacques Pasquier et François Glasson, a progressivement été adopté par la population. Il a été contesté au moment de sa création en raison d’une architecture en béton considérée comme brutale et peu sécurisante pour les enfants. L’aménagement joue sur une dualité entre mémoire et convivialité, intégrant des fontaines et une scène ouverte pour les manifestations. Au cœur de ce jardin, un parcours ludique de haies de charmes a été dessiné ; ses parois végétales denses offrent un espace de découverte très prisé des familles. Ce patrimoine arboré est complété par des érables sycomores qui apportent une ombre généreuse, tandis que les abords du château voisin conservent des essences d'ornement plus habituelles.
Parmi les éléments emblématiques se distingue un tilleul que l’on pourrait appeler « le tilleul des Arts ». Offert par le Corps de Musique de la Ville de Bulle pour commémorer les brillants résultats des Cadets lors de la Fête cantonale de 1985, il fut planté en 1989. Ce tilleul possède une valeur symbolique forte : il est un rejeton direct du tilleul historique de Morat, qui se dressait devant l’Hôtel cantonal de Fribourg et commémorait la victoire des Confédérés, en 1476, contre Charles le Téméraire.
Aujourd’hui, la place du Cabalet s’est affirmée comme un centre de la vie sociale et culturelle bulloise. Véritable trait d'union entre le château et le pôle formé par le Musée gruérien et la Bibliothèque, cet espace intergénérationnel vibre au rythme de manifestations telles que la Fête de la musique ou l'événement estival Cabal'été. Entre sa place de jeux, son coin d'eau et son parcours de charmes, le site offre une oasis de détente quotidienne aux habitants. Cette dynamique est appelée à se renforcer avec les nouveaux projets qui se profilent : l’agrandissement et la rénovation du musée et de la bibliothèque (achèvement des travaux en 2027-2028), ainsi que la restauration et la revitalisation du château (achèvement des travaux prévu en 2033), qui feront de ce secteur un îlot de fraîcheur dédié à la mobilité douce et au rayonnement culturel de la cité.
Information
Musée gruérien
Rue de la Condémine 25
1630 Bulle
La Gruyère Tourisme
Centre commercial Velâdzo (rez inférieur)
Place de la Gare 3
1630 Bulle







