
Elodie Pasquier
Entre le son des cloches, la fraîcheur de l’air et les gestes répétés chaque jour, une autre manière de vivre prend forme.
Dans cette première vidéo, nous partons à la rencontre d’Élodie Pasquier, femme d’armailli, enseignante et maman, qui partage son quotidien à l’alpage. Une vie rythmée par la fabrication du fromage, le travail en montagne, la vie de famille et le respect profond de la nature.
Ce film de 7 minutes est le début d’une série de portraits consacrés à celles et ceux qui font vivre l’alpage aujourd’hui. Des histoires simples, sincères, ancrées dans le réel, pour mieux comprendre ces vies souvent discrètes, mais essentielles.
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De la montagne des vacances à la vie d’armaillière
En 2024, son conjoint lui parle d’un alpage à reprendre. Ils tentent leur chance… et sont choisis pour l’exploiter. Une évidence devenue réalité.
Petite, Élodie découvrait déjà la montagne en famille, lors de balades avec ses parents, son frère et ses sœurs.
Mais c’est lors de vacances d’été passées dans un alpage, comme garde-génisses, que quelque chose s’est vraiment ancré en elle. Là-haut, la vie était simple : pas d’électricité, pas de chauffage, et des repas cuisinés au feu de bois.
Année après année, elle se réjouissait toujours de remonter.
Quand tout commence avant l’aube
À 5h, le réveil sonne.
Certains partent chercher les vaches, d’autres préparent les écuries, font le feu pour chauffer l’eau ou nettoient le matériel de fabrication.
Pendant ce temps, le fromage de la veille est soigné et tout est prêt pour la fabrication du matin.
Si les tâches liées aux vaches sont couvertes, Élodie en profite pour anticiper le repas de midi et préparer le déjeuner.
Quand le lait commence à cailler, toute l’équipe se retrouve pour manger, avant de retourner à la chaudière.
La fabrication du fromage occupe une grande partie de la matinée.


Le quotidien à l’alpage
Les journées commencent tôt, dès 5h du matin. Pendant que certains vont chercher les vaches, d’autres préparent les écuries et le feu pour la fabrication du fromage. La matinée est ensuite largement consacrée à la transformation du lait.
L’après-midi se déroule dans les pâturages : entretien, clôtures, contrôle des génisses. Vers 16h, il faut déjà repartir chercher les vaches et préparer la traite du soir. Les journées se terminent rarement avant 19h ou 20h.
Aller chercher les vaches le matin fait partie des tâches préférées d’Élodie, malgré l’effort physique que cela demande. Elle aime tout autant seconder son conjoint lors de la fabrication du fromage, même si le début de saison est éprouvant pour les bras.
La météo représente parfois un vrai défi, surtout lors des périodes de pluie, mais le beau finit toujours par revenir. L’isolement, en revanche, n’est pas vécu comme une contrainte : être là-haut, loin de l’agitation, est un privilège. Le plus exigeant reste la vie en communauté, intense tout l’été, avant de retrouver le calme en famille à l’automne.
Les vaches, la transmission et les valeurs
Élodie connaît le nom de chacune de ses vaches. Elle aime prendre le temps de les observer, de les chercher dans les pâturages ou de les attacher à l’étable. Même si elle ne s’occupe ni de la traite ni des soins, le lien avec le troupeau fait partie intégrante de son quotidien.
Au-delà du travail à l’alpage, la transmission occupe une place essentielle dans sa vie. Enseignante, elle souhaite transmettre à ses élèves le respect de la nature, de ce qu’elle nous offre — paysages, nourriture et moments simples — et l’envie d’en profiter pleinement.
Oser suivre ses rêves et s’en donner les moyens.
Avec des enfants de 4 à 5 ans, cela passe aussi par de petits gestes concrets : chaque année, Élodie leur apprend au moins un chant en patois, pour faire vivre les traditions qui lui tiennent à cœur.


Les défis de demain
Pour Élodie, l’avenir des alpages pose plusieurs défis majeurs.
Le premier est le climat : les périodes de sécheresse deviennent plus fréquentes et compliquent l’approvisionnement en eau.
Vient ensuite la recherche de personnel. Le travail est exigeant, physiquement éprouvant, avec de longues journées, beaucoup de marche en terrain raide et peu de possibilités de motorisation. Tout se fait encore à la force des bras, ce qui décourage de plus en plus de candidats.
Enfin, l’accessibilité reste un défi important. L’alpage n’est accessible qu’à pied, avec une benne téléphérique pour le matériel, ce qui demande une organisation rigoureuse pour le ravitaillement et la descente régulière des fromages. Une contrainte supplémentaire, qui influence aussi la difficulté à trouver du personnel.
Entre fromage et appel de la montagne
Élodie participe activement à la fabrication du fromage. Elle nettoie le matériel, aide au décaillage et à la sortie des fromages. Lorsqu’il s’agit de vacherins, elle peut aussi s’occuper du retournage, notamment lorsque son conjoint doit redescendre à la ferme. Les Gruyères, plus lourds, viendront avec l’expérience.
Mais ce qui la motive à revenir chaque année, c’est avant tout l’appel de la montagne. Au printemps, lorsque les pâturages se couvrent de fleurs, l’envie de remonter est immédiate. La fabrication du fromage devient alors un moment de partage privilégié avec son conjoint.


Trouver l’équilibre
L’équilibre entre la vie en alpage et la vie en plaine est encore en construction. Concilier travail, alpage et vie de famille demande beaucoup d’organisation, d’autant plus avec une petite fille et des journées bien remplies, même là-haut.
Le soutien de la famille et des proches est essentiel pour avancer ensemble et soudés.
L’inspiration vient des moments simples : le lever du soleil sur les montagnes, la lumière du matin, le chant des oiseaux. Son conjoint, Donatien Clément, l’inspire par son positivisme et son sens des responsabilités.
Sa plus grande fierté est de transmettre de belles valeurs à sa fille et de réussir à allier, malgré les défis, travail, famille et vie en alpage.






